Les récents mouvements sociaux qu'a connus - et connaît encore - la région d'Afrique du Nord traduisent certes une crise profonde de gouvernance démocratique et un réel besoin de participation, notamment des jeunes, à la gestion des affaires publiques. Pour faire face aux multiples enjeux et défis qui se posent aux pays de la sous-région actuellement, les gouvernements sont appelés à faire preuve de plus de transparence et d'ouverture envers leurs citoyens, d'où le nécessité de mettre en place des mécanismes et des institutions à même de prendre en charge le processus de participation, en vue de consolider les acquis de la transition démocratique dans ces pays. Cependant, la réelle implication des différentes parties prenantes reste tributaire d'un certain nombre de conditions préalables nécessaires pour garantir la réussite de cette transition démocratique de façon pacifique.

Réunissant plus de quarante participants voisins des pays d'Algérie, du Maroc, Tunisie, Mauritanie, Libye, Egypte et Jordanie, ce séminaire a été l'occasion d'échanger sur les mouvements sociaux en Afrique du Nord, mais aussi d'analyser l'amorce faite jusqu'ici du processus de démocratisation et les actions concrètes à entreprendre en vue d'aider à promouvoir durablement la démocratie, grâce au renforcement des institutions de base.

Cette rencontre importante organisée le 20-21 octobre à Rabat par le Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies et la Commission économique pour l'Afrique, en partenariat avec le Royaume du Maroc. Portant sur le thème « Défis et perspectives de la gouvernance participative dans les pays de l'Afrique du Nord : Comment engager les citoyens et leurs organisations dans la vie publique à travers les institutions appropriées », ce deuxième séminaire a réuni prés de trente experts, internationaux y compris de hauts responsables officiels du gouvernement, des représentants des différents Conseils économiques et sociaux (CES), des représentants des organisations internationales et celles de la société civile, des centres de recherche, des associations pour la promotion des femmes et des jeunes, etc.


 
 
 
 
 
 

Ce séminaire a été l'occasion de débattre des moyens et des mesures à mettre en place pour améliorer la gouvernance publique et mieux répondre aux exigences des citoyens en termes de transparence et de redevabilité. Les rôles que peuvent jouer les organisations de la société civile dans la gestion des affaires publiques et leurs contribution au développement social et humain ont été ainsi approfondis et mieux définis, et ce, à la lumière des expériences entamées dans les divers pays de la région.

Les participants à cette rencontre se sont penchés aussi sur les tenants et les aboutissants des mouvements sociaux vécus par les pays de la sous-région pour aider les décideurs à mieux adapter leurs politiques publiques et se mettre dans une logique d'écoute des attentes et exigences des citoyens. Une analyse des principales revendications sociales et causes et un examen approfondi des moyens institutionnels existants ou à mettre en place permettront de mieux cerner la problématique de la participation en vue d'une gouvernance démocratique durable.

Au terme des ces deux jours d'échanges et de débats, des recommandations ont été proposées pour mieux concrétiser l'institutionnalisation de la participation citoyenne à la vie publique et asseoir ainsi les bases d'une démocratie participative effective en Afrique du Nord.
 
     
 
 
     
 

Ces recommandations ont ciblé les Etats membres et les Nations Unies et orientées principalement vers:

•  La participation et l'égalité des parties prenantes

•  La lutte contre la corruption

•  Le renforcement des capacités des acteurs.

•  L'accès à l'information et à la transparence et la redéfinition du rôle d'appui des Nations Unies aux réformes en cours dans cette phase de transition

A souligner que Monsieur BOURAS, représentant du CNES et Monsieur MAKBOUL El Hadi, Directeur Général du CENEAP, ont longuement présenté les expériences algériennes et les atouts en matière de gouvernance participative notamment à travers les nouvelles missions confiées au CNES de par l'organisation des concertations nationales sur la société civile et la gouvernance locale, ainsi que sur les politiques et approches participatives mises en œuvre en matière de renouveau rural qui a ciblé les 950 communes rurales et le développement local durable initié en relation avec le Ministère le de l'Agriculture et du Développement Rural et le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales depuis 2003, qui ont permis une meilleure intégration et participation des acteurs locaux.

Ce Séminaire a permis également d'évaluer le niveau de la gouvernance dans les pays d'Afrique du Nord et d'élaborer en agenda et ce afin d'améliorer la gouvernance participative de consolider et de promouvoir les institutions représentatives en relation avec l'ensemble des acteurs de la gouvernance.